Qu’est-ce qu’une relique ?

Traditionnellement, une relique, sharira en sanskrit ou ringsel en tibétain, sont de petites perles trouvées dans les cendres d’un être éveillé après sa crémation. Il peut également s’agir de fragments d’os, ou des parties du corps retrouvées intactes. En dehors des reliques corporelles, les objets et habits ayant appartenu à un être noble sont également considérés comme des reliques.

Un peu d’histoire : les Reliques du Bouddha

Parce qu‘ultimement, vous n’êtes pas sujet à la destruction,
Et afin que les êtres sensibles des temps futurs accumulent du mérite,
Vous avez manifesté de nombreuses reliques,
Et permis que vos restes sacrés soient divisés en huit.
À vous, je rends hommage.
Hommage et Louanges aux Douze grands actes du Bouddha

Le Bouddha est entré en parinirvana (le décès d’un être éveillé) à Kushinagar, en Inde, vers le Ve siècle avant J.-C. Son corps fut incinéré, et ses reliques divisées en huit parts, distribuées aux représentants des différents royaumes indiens de l’époque, qui les placèrent dans des stupas reliquaires. Ces reliques sont donc des fragments authentiques du corps du Bouddha.

Le 18 janvier 1898, à Piprahwa, dans le nord de l’Inde, William Claxton Peppé, archéologue amateur, découvrit au pied d’un grand stupa recouvert de terre et de végétation un imposant coffre de grès(1). À l’intérieur se trouvaient plusieurs petites urnes contenant des fragments d’ossements calcinés, des bijoux en or et des pierres précieuses. L’une de ces urnes portait une inscription en brahmi(2) indiquant qu’il s’agissait du reliquaire du Bouddha et de membres du clan des Sakya. Cette découverte, longuement étudiée et discutée par des historiens, des archéologues et des linguistes, est aujourd’hui considérée comme l’un des témoignages les plus anciens et les plus précieux de la présence des reliques du Bouddha(3).

Fin 1898, dans un souci de rapprochement diplomatique, le gouvernement de l’Inde britannique offrit les reliques du Bouddha au roi de Siam. Elles furent installées dans le temple de la Montagne d’Or à Bangkok. En l’an bouddhique 2442 – 1898 selon le calendrier occidental – une prédiction révèle que les reliques quitteraient le sol thaïlandais pour l’Occident 111 ans plus tard.

L’arrivée des Reliques du Bouddha à la Grande Pagode du Bois de Vincennes à Paris

En 2009, les patriarches thaïlandais, avec l’approbation de la communauté bouddhiste asiatique, décidèrent d’offrir ces reliques au monde occidental et de les confier à un pays européen. Leur choix se porta sur la France, pays considéré en Asie comme une terre d’accueil privilégiée du Dharma en Occident. Ces reliques ont été offertes à l’UBF et sont depuis conservées dans une crypte de la Grande Pagode du Bois de Vincennes, à Paris, où elles sont visibles par tous.

 

Pour plus de détails, voir le document avec photos réalisé par l’UBF et consultable en suivant ce lien

Les bienfaits des reliques
Les reliques du Bouddha Shakyamuni, mémoire tangible de sa manifestation en notre monde, nous relient à son influence spirituelle. Méditer, réciter des prières de souhaits, se prosterner devant elles ou les circumambuler nous connecte aux aspirations atemporelles du Bouddha. Les bienfaits d’être en leur présence sont nombreux : au niveau relatif, en favorisant des conditions de vie favorables ; au niveau plus ultime, en soutenant notre chemin vers la libération de la souffrance.
Point d’idolâtrie ici : ces Reliques sont le résultat des souhaits que le Bouddha Shakyamouni a émis pour le bonheur de l’humanité et de tout le vivant. Elles sont un encouragement à travailler en nous-mêmes pour développer les mêmes qualités de sagesse et de compassion bienveillante que le Bouddha lui-même.

Les pouvoirs de libération
Lama Teunsang insistait beaucoup sur le «quadruple pouvoir de libération». On parle de la libération par la vue, par le toucher, par l’écoute et par le souvenir. Les reliques, et tout particulièrement celles du Bouddha, possèdent ces pouvoirs. 
Pour ces journées, les conditions de sécurité ne permettront pas de toucher les reliques, mais le simple fait de les voir ou de s’en souvenir avec dévotion plante une empreinte karmique positive menant vers la libération. Ce pouvoir ne réside pas dans l’objet matériel en tant que tel, mais dans la force de bénédiction qui l’imprègne, la présence de l’éveil du Bouddha. C’est la rencontre entre cette bénédiction et la confiance du pratiquant qui produit l’effet libérateur.

Les bienfaits des reliques

Alors, chers amis du Dharma, profitez de cette chance unique pour recevoir l’influence spirituelle du Bouddha Shakyamuni, en formulant des prières d’aspiration comme il l’a fait lui-même, de la même manière. Ses aspirations sont parfaitement condensées dans la Prière de souhaits de Samantabhadra, également connue sous le nom de la Reine des prières. Que vous vous trouviez près de ces reliques ou non, récitez ce texte pour accumuler mérite et sagesse. Ce faisant, vous établirez un précieux lien entre les aspirations éveillées du Bouddha et les vôtres.
Thayé Dorjé, Sa sainteté le XVIIème Gyalwa Karmapa

Deux émissions de Sagesses bouddhistes sont consacrées au sujet des reliques. Quelle est l’histoire de ces reliques ? Quelle forme peuvent-elle prendre ? Elles relatent également l’arrivée des reliques à la Grande Pagode de Vincennes en 2009
→ Voir la vidéo en ligne 1ère Partie 
→ Voir la vidéo en ligne 2ème partie 

(1) .W. C. Peppé et V. A. Smith, « The Piprahwa Stupa, Containing Relics of Buddha », Journal of the Royal Asiatic Society, juillet 1898, p. 573-588. Il s’agit du compte rendu original de la fouille, cosigné par Peppé et par l’archéologue Vincent A. Smith, qui l’avait conseillé sur le terrain et proposa la première traduction de l’inscription.
(2). L’inscription en brahmi figure sur le couvercle de la plus petite des deux urnes en steatite découvertes à l’intérieur du grand coffre de grès (cf. Peppé et Smith, 1898, fig. (3). Sur la datation de l’inscription, voir l’expertise menée par l’épigraphiste Harry Falk (Freie Universität Berlin) dans le cadre du projet documentaire Bones of the Buddha (BBC/National Geographic, 2013), qui en confirme l’authenticité tout en la situant à l’époque d’Ashoka, soit environ un siècle et demi après le parinirvana du Bouddha. Voir également Charles Allen, The Buddha and Dr Führer: An Archaeological Scandal, Londres, Haus Publishing, 2008.