L’enseignement du Bouddha : le Dharma

Le Bouddha

Bouddha signifie « Éveillé ». Le Bouddha Sakyamouni est un personnage historique, ayant vécu au Vème siècle avant l’ère chrétienne. Prince héritier d’un petit royaume indien, marié, père d’un enfant, il se détourne de cette vie mondaine pour devenir moine errant. Après une pratique méditative intense, il atteint l’Éveil et décide de se consacrer à l’enseignement de la vérité libératrice qu’il a découverte, ce qu’il fait jusqu’à sa mort, à 84 ans. Son enseignement a été transmis jusqu’à nos jours, par des lignées de disciples qui en ont réalisé le sens.

Son enseignement

Compassion et sagesse, sagesse et compassion, voici ce qui revient dans tous les écrits bouddhiques. Telle est la véritable dimension de la voie spirituelle que transmit le Bouddha, il y a vingt cinq siècles.
Son message est condensé dans les « Quatre Nobles Vérités » (cf. ci-dessous)

Dans cette voie, l’individu est constamment renvoyé à sa propre responsabilité, à partir de la connaissance des principes enseignés par le Bouddha. L’éthique est étrangère à des notions d’interdits ou de commandements et elle doit être considérée à la lumière de la sagesse qui accompagne le développement spirituel.

À cette conduite éthique s’ajoutent les pratiques de méditation, le cœur de la tradition bouddhique. Celles-ci visent à transformer l’homme en éclairant et pacifiant son esprit, en éliminant peu à peu ses tendances négatives. Ceci amène un équilibre et un bonheur subtil, qui atténuent tout naturellement la convoitise, la haine et l’égoïsme et développent la sagesse lucide et la compassion.

Les pratiques méditatives – c’est à dire l’entraînement systématique physique, mental et spirituel – constituent certainement un apport précieux et original à l’Occident, même non-bouddhique.

Ce système de pensée est libre de dogmatisme, les enseignements étant comparés à une barque permettant de passer d’une rive à l’autre, de la confusion à la lucidité transcendante. Ceci donne au bouddhisme une dimension d’ouverture et de tolérance, et contribue à développer une attitude respectueuse à l’égard des autres traditions religieuses.

Les "Quatre Nobles Vérités"

La vérité de la souffrance

L’existence en ce monde est marquée par une profonde insatisfaction, par la souffrance physique et morale, par la peur des circonstances indésirables, par l’incapacité à obtenir le bonheur durable auquel on aspire. C’est le constat de la condition qui touche, peu ou prou, chaque être humain.

La vérité de l’origine de la souffrance

Cette insatisfaction fondamentale est nourrie par une vision tronquée que l’on a de soi-même et du monde ; les attachements que l’on crée pour ce qui est changeant par nature ; la lutte que l’on mène contre ce qui nous dérange ; l’importance démesurée que l’on accorde à soi-même ; la jalousie, l’envie. Toutes ces attitudes nous retiennent dans une situation douloureuse, apparemment sans issue.

La vérité de la cessation de la souffrance

Mais il existe une possibilité de dissiper ces souffrances, d’en détruire les causes et de s’en libérer. Surgit alors un état de lucidité, de paix et de plénitude parfaite – et non pas le néant comme on le croit parfois en Occident. Cette nature libre de toute souffrance est présente en chacun, homme ou femme. Il est dit qu’ils possèdent, à l’égal de tous les êtres, la « nature de Bouddha ».

La vérité du chemin de la cessation de la souffrance

C’est la voie du milieu, à l’écart de tous les comportements extrêmes qui permet de trouver la liberté intérieure. Elle comporte un très large éventail de conseils et de pratiques qui s’inscrivent tous dans la triade fondamentale de l’éthique, de la méditation et de la sagesse.

Les différentes formes du bouddhisme

La diversité des écoles et des courants présents dans le bouddhisme, sont le reflet de l’enseignement du Bouddha, adaptés à la mentalité et à la situation de chacun.  Il existe trois grandes écoles ou « Véhicules » :

- La voie des anciens ou Théravada met un accent particulier sur la conduite éthique – en privilégiant la vie monastique – et la méditation. Son objectif est d’atteindre la libération, le nirvana. Cette tradition est répandue en Asie du Sud-est : Sri Lanka, Thaïlande, Birmanie, Cambodge, Laos, Vietnam.

- Le grand véhicule ou Mahayana intègre le Théravada en insistant sur la motivation altruiste, l’esprit d’amour et de compassion envers autrui. C’est la voie du bodhisattva, celui qui développe sa pratique spirituelle pour le bien et le salut de tous les êtres. Ces enseignements ont été transmis depuis l’Inde (où ils ont complètement disparu lors des invasions musulmanes) jusqu’en Chine, en Corée, au Japon, au Vietnam et au Tibet, et plus récemment, en Europe, et aux Etats-Unis.

- Le Véhicule tantrique ou Vajrayana s’appuie sur le Mahayana en utilisant de très nombreux exercices spirituels. C’est la voie ésotérique du bouddhisme. Il s’est développé en Inde, au Tibet et au Japon.
Au Tibet même, existent quatre écoles tantriques, dont les styles diffèrent, mais dont la doctrine est une.

Précision concernant le "bouddhisme tibétain"

Par commodité, nous nous sommes habitués à parler de « bouddhisme tibétain » pour désigner un type de pratique et un environnement culturel caractérisé. Il est cependant utile de revoir ce que recouvre ce concept. Il n’existe pas, à proprement parler, de « bouddhisme tibétain « .

D’un point de vue historique, venant de l’Inde, le bouddhisme a pénétré au Tibet à partir du VIIIème siècle et y était totalement enraciné lorsque, au XIIème siècle, il disparu définitivement du territoire indien. Le Pays des Neiges s’est donc trouvé dépositaire d’un vaste ensemble d’enseignements philosophiques et de techniques de méditation couvrant la totalité de la pensée bouddhique.

Le centre de Montchardon appartient à l’école Karma Kagyupa, celle du yogi et poète Milarépa. Elle se caractérise par l’importance qu’elle donne dès le début, à la pratique méditative, à la différence, par exemple, de l’école Gélougpa – à laquelle appartient le Dalaï Lama – qui met l’accent sur les études philosophiques préliminaires.

Le bouddhisme est dépourvu de cosmologie propre, de lien avec une structure sociale, ou de type particulier de civilisation. Il met simplement l’accent sur une sagesse, une morale et des techniques méditatives qui permettent la libération complète de la souffrance.

Comme le christianisme, il s’est révélé potentiellement adaptable à toutes sortes de sociétés et de peuples et donne la même importance à l’ordre monastique.