Dans les dernières nouvelles de l’état de santé de Lama Teunsang, le 19 avril 2020, nous vous informions de la leucémie qui le touche. Nous aurions souhaité vous écrire plus tôt mais les incertitudes de ces dernières semaines nous ont incité à retarder ce courrier pour vous donner des nouvelles plus précises. Les médecins sont aujourd’hui en mesure de nous transmettre des informations qui sont plutôt rassurantes.

De façon générale, le protocole de chimiothérapie rapidement mis en place après la confirmation de la leucémie fonctionne de manière très adéquate. En effet depuis le début du traitement, le pourcentage de cellules cancéreuses présentes dans le sang et la moelle osseuse (les blastes) a rapidement baissé de manière très significative. Mais attention : les médecins nous ont prévenus que le traitement en cours ne permet que de tenir la maladie le plus longtemps possible de manière asymptomatique, pas de la guérir. En effet, les traitements visant la guérison ne pourraient être supportés par Lama à son âge. Le traitement actuel devra donc être maintenu en permanence pour maitriser la production des cellules cancéreuses, ce qui fonctionne bien pour l’instant.

En marge de ce résultat encourageant, depuis le mois de janvier les analyses de sang de Lama montraient une perturbation importante au niveau du foie, par défaut attribuée aux traitements lourds que Lama a subi l’année dernière. Cependant ce bilan hépatique s’est encore dégradé avec le démarrage de la chimiothérapie, et à plusieurs reprises la semaine dernière, Lama Teunsang a soudain été pris de violentes douleurs abdominales, heureusement maitrisées par des antalgiques.

Sophie Tartas, l’amie oncologue qui suit attentivement le Lama, l’a fait hospitaliser mercredi 13 mai pour des examens médicaux, dont scanner et IRM. Ces techniques d’imagerie ont permis d’éliminer les pistes les plus alarmistes et d’envisager les hypothèses les plus pertinentes – les médecins parlent bien d’hypothèses sans certitude absolue – mais qui expliqueraient de manière satisfaisante les symptômes hépatiques de Lama. D’une part le retour de la maladie liée aux immunoglobulines (IGg4), dont Lama Teunsang a souffert en 2017, d’autre part une inflammation des canaux biliaires du foie, liée à la migration de petits calculs biliaires visibles sur l’IRM. Les deux phénomènes sont probablement intriqués.

La maladie liée aux IGg4 est une affection très rare (une centaine de cas en France) découverte récemment et sur laquelle la médecine n’a que très peu de données. En 2017 elle avait été rapidement traitée par de la cortisone, mais l’on sait que les rechutes sont fréquentes au bout d’un moment quand on arrête le traitement.

Pour vous présenter brièvement ce qu’est cette maladie IGg4 :
Il s’agit d’une maladie auto-immune qui se manifeste par une augmentation excessive d’immunoglobulines appelées IGg4, des protéines du sang qui ont le rôle d’anticorps et sont dotées de propriétés immunitaires. Ces IGg4 sont régulièrement contrôlés par des prises de sang et leur taux est actuellement élevé. Cette maladie est caractérisée par une infiltration (ou envahissement) de certains tissus ou organes du corps par des cellules du système immunitaire. Parfois cette infiltration peut retentir sur les organes adjacents en les comprimant. L’infiltration ou envahissement des tissus par des cellules du système immunitaire au cours de cette maladie est de type inflammatoire. C’est ce qui apparait clairement sur les images d’IRM prises ces derniers jours autour des voies biliaires et du foie du Lama et qui affecte l’élimination de la bile.

Les solutions thérapeutiques choisies par les médecins viennent de commencer : deux antibiotiques pour stopper une éventuelle infection des voies biliaires et un traitement de cortisone pour les IGg4. Dès la deuxième prise de cortisone, Lama Teunsang a repris de l’appétit et de la vigueur. Le mauvais fonctionnement du foie avait entrainé une jaunisse et la coloration jaune de sa peau et ses yeux s’est rapidement atténuée.
En conclusion, le traitement de chimiothérapie fonctionne correctement et l’on se dirige progressivement vers un dénouement qui semble favorable des problèmes hépatiques.
Lama Teunsang quant à lui reste le même, un roc, exemple de patience et de calme devant l’adversité qui ne l’a pas épargné. A Montchardon il continuait à venir à pied au temple matin et soir. Ces derniers jours il manifestait plus de fatigue, avait moins d’appétit et avait un peu maigri. Cela devrait s’améliorer avec ce nouveau traitement. Il est encore en surveillance à l’hôpital et devrait revenir au centre ces prochains jours.

Il est inutile pour les personnes de tenter d’aller le voir à l’hôpital : d’une part celui-ci est fermé aux visites pour les raisons sanitaires actuelles, d’autre part il est vraiment essentiel que Lama se repose. Nous vous invitons donc à vous joindre aux prières qui sont sans cesse faites pour le bon rétablissement de Lama Teunsang.

Car du côté de la pratique spirituelle, il y a une mobilisation massive pour la pratique de Tchenrézi et la récitation de Mani, préconisée par S.S. Thayé Dorjé, le 17ème Karmapa. A l’heure où ces lignes sont écrites, nous en sommes à plus de 15 millions de Mani, une accumulation qui a commencé le 20 avril et qui regroupe de nombreuses personnes.

Les monastères tibétains que nous connaissons se sont également engagés dans de nombreuses pratiques collectives pour la santé de Lama Teunsang. Lama Shérab Gyaltsen Rinpoché a fait réciter dans son monastère 100 000 louanges à Tara ainsi que de nombreuses prières, de grandes offrandes de lumières ont été faites et lui-même a entrepris des pratiques particulières, bénéfiques dans cette situation. Les deux neveux de Lama Teunsang, les toulkous Je Karma Trinlaypa et Chimé Rinpoché, ont entrepris la lecture du Kangyour (103 volumes des paroles du Bouddha), et trois jours de pujas de Sangyé Menla (le Bouddha de médecine) viennent d’être conclus hier au monastère de Chimé Rinpoché au Ladakh.

Une pratique appelée en tibétain « tséthar », soit littéralement « libérer ou sauver des vies », vient d’être accomplie au Tibet par une nièce du Lama. Régulièrement utilisée dans la culture bouddhiste, elle consiste à sauver les vies d’êtres voués à la mort (ici, des poissons) et a pour effet, selon la loi de causalité, de prolonger la vie.
Ainsi Lama Teunsang est soutenu dans sa maladie par toute cette accumulation de pratique positive, qui ne se limite bien évidemment pas à sa simple personne mais est dédié au bienfait et au bonheur de tous les êtres sensibles sans exception.

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